| L'interview d'Hamid Oualich |
|
|
"Lorsque nous sommes en équipe de France, nous représentons notre pays, mais aussi Martigues"
CHAMPIONNATS D'EUROPE D'ATHLETISME Depuis la « disparition » athlétique de Florent Lacasse, les années se suivent et ne se ressemblent pas sur le 800 m français. D'aucuns espéraient la confirmation de talents comme Kevin Hautcoeur et Jeff Lastennet. Et dans l'attente de l'avènement du junior Samir Dahmani – s'il comprend, un tant soit peu, qu'il faut courir avec plus de parcimonie – c'est un espoir qui tire la corde du 800 m hexagonal : Hamid Oualich. Quel est le point commun entre l'espoir Hamid Oualich et le junior Samir Dahmani ? Déjà, ce n'est pas l'âge : 22 ans pour le premier et 19 ans pour le second. Ce n'est pas non plus le chrono : 1'46''06 pour l'un et 1'46''74 pour l'autre. Deux performances qui leur permettent d'être premier et second du bilan français. Une place qu'Hamid revendique avec fierté, alors qu'il semble si détaché de l'univers qui l'entoure. « Je suis le leader français et je veux le prouver. » Histoire de montrer que s'il doit sa qualification grâce à son potentiel (les minima étaient de 1'45''90), sa jeunesse se veut triomphante. Reste à trouver le point commun entre Hamid et Samir... Ce n'est pas dans l'analyse du bilan 2010 actuel. Samir vient d'être finaliste aux Mondiaux juniors (5e en 1'47''82) à Moncton au Canada, alors qu'Hamid n'a pas encore débuté ses championnats avec l'élite européenne à Barcelone. Une compétition qu'il aborde sans pression. « Ce sont mes premiers grands championnats et il faut que je coure sans réfléchir... » D'aucuns diront que ce n'est pas la meilleure solution. A commencer par Philippe Dupont, le responsable français du demi-fond. « Son potentiel est intéressant. Il peut finir vite. Maintenant, il faut qu'il montre ses capacités à courir juste en peloton à ce niveau de compétition. » Comprenez que la tête doit prévaloir sur les jambes... Un profil à la Hautcoeur Les jambes d'Hamid peuvent tourner relativement vite. S'il ne cache pas qu'il a une préférence pour le 1500 m, il a plus le profil d'un Kevin Hautcoeur (400/800) que d'un Jeff Lastennet (800/1.500). Deux demi-milers absents en Espagne, alors qu'aux regards de leurs prestations à Doha (hiver 2010, Kevin) et Berlin (été 2009, Jeff), ils étaient présentés comme des finalistes à Barcelone. Est-ce une pression supplémentaire pour Hamid. « J'étais déjà dans les bilans (9e en 2007, 8e en 2008, ndlr) et je ne vais pas courir pour les remplacer, mais pour représenter l'équipe de France, tout simplement. » Quant au point commun entre Hamid et Samir, ce n'est pas le même profil de coureur. Le premier se concentre sur le 800 et le second papillonne du 400 m au 10 km. Champion de France du 800 m à Valence, Hamid a découvert le haut niveau cette saison. D'abord européen à Bergen, à l'occasion de la Coupe d'Europe par équipes (7e en 1'48''07). Puis, à Paris, lors du Meeting Areva (10e en 1'46''85). « C'est le deuxième meilleur temps de ma carrière, explique-t-il. Dans cette course, je n'ai pas réussi à accrocher le bon wagon. Au 400 m, j'étais un peu décroché. Mais j'ai maintenu l'écart... Ce fut donc une bonne expérience. » Comme précédemment expliqué, Hamid est actuellement profilé 400/800. En juin, il a bouclé le tour de piste en 47''89 (son record). Certes, il n'est pas encore aussi rapide que Kevin (47''74), mais il laisse derrière lui Samir (49''12). Objectif finale Cette vitesse que l'on peut qualifier de « terminale » pour un demi-miler sera l'atout d'Hamid à Barcelone. Alors qu'il pointe dans le Top 15 européen, sa première course en série pourrait s'apparenter à une « petite finale ». A cette remarque, il semble se réveiller pour mieux se révéler : « Je ne suis pas là que pour passer un tour, lâche-t-il. Le but est d'aller en finale. Le fait que Borzakovskiy soit absent fait qu'il y a un adversaire de moins (le Russe était en 1'44''65 cette saison, ndlr). Mais pour les séries, c'est certain qu'il faudra être devant afin de mieux contrôler la course. Et puis, j'ai confiance en mon dernier 400 m. » À ce titre, il pourra s'appuyer sur celui qu'il a réalisé à Paris en n'oubliant pas le premier qu'il avait fort bien réussi à Montreuil, le 8 juin dernier, lors de son record personnel : 1'46''06. A la même période, mais à Sotteville, Samir était en 1'46''74. Quel est donc le point commun entre Hamid et Samir ? Dans ce dernier paragraphe, il n'est pas question de l'entraîneur : le premier est conseillé par Jean-Baptiste Congourdeau et le second est coaché par Nordine Ghezielle. Mais en réponse à la question, les deux jeunes athlètes portent les mêmes couleurs : celles du Martigues SA. Et ce point commun est un atout. « On part en stage et l'on s'entraîne souvent ensemble, explique Hamid. C'est motivant et l'émulation est saine. Être tous les deux en tête du bilan français, ce n'est donc que du positif pour notre club. Lorsque nous sommes en équipe de France, nous représentons notre pays, mais aussi Martigues. » Un point commun qui finalement en vaut deux. Texte Bruno Poirier Vidéo Arnaud Sauveplane - Interview Bruno Poirier |

